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Présentation
 Domaine des Collettes
  [Acquisition par Renoir du Domaine des Collettes] [Le jardin, source inépuisable d'inspiration] [L'ancienne Petite Ferme]

Acquisition par Renoir du Domaine des Collettes

Cette propriété agricole d'environ 3 hectares appartenait à Mme Mathilde Nicolas, veuve Armand, et fut acheté par Renoir le 28 juin 1907, sur un coup de cœur pour la magnifique oliveraie, pour la somme de 35 000 F.

Voici le récit anecdotique et savoureux que fait Jean Renoir, second fils du peintre de cette acquisition :

"Renoir avait peint plusieurs fois dans une propriété située sur la colline qui s'élève de l'autre côté de la Cagne. Ce lieu l'enchantait à cause de ses beaux oliviers et de sa petite ferme qui semblait faire partie du paysage. Son nom était " les Collettes ". La maison était habitée par un paysan italien, Paul Canova, sa vieille mère Catherine et le mulet Litchou. (…)
Un matin Paul Canova vint trouver mon père. Un marchand de biens de Nice allait acheter les Collettes, couper les arbres et installer dans la ferme un horticulteur au courant de la culture des œillets. ( …)
Mon père tout en écoutant ce récit regardait les oliviers. Ceux des Collettes sont parmi les plus beaux du monde. Cinq siècles d'existence, de tempêtes et de sécheresses, d'orages, de gelées, d'élagages et d'abandons, leur ont donné les formes les plus inattendues.
Certains troncs ressemblent à des divinités barbares. 
Les branches se tordent, s'enlacent en des motifs que le décorateur le plus audacieux n'oserait concevoir. A l'encontre des oliviers de la région d'Aix, de petite taille et étêtés pour les commodités de la récolte, ceux-ci ont poussé librement et s'élèvent fièrement dans le ciel. Ce sont de très grands arbres, d'une majesté rare alliée à une légèreté aérienne. Leur feuillage argenté répand une ombre subtile. Pas de contraste violent entre cette ombre et la lumière. Nous les devons à François 1er qui les fit planter par ses soldats pour les occuper pendant une trêve dans ses guerres contre l'empereur Charles Quint. Notre ami Benigni qui s'intéressait à l'histoire locale prétendait même que deux ou trois de ces oliviers avaient été plantés avant et approchaient des mille ans d'âge. Mon père remonta bien vite dans la victoria de Baptistin. L'idée de voir ces aristocrates transformés en ronds de serviette avec l'inscription " souvenir de Nice " lui était insupportable. Il interrompit ma mère dans sa partie de cartes avec Dinan et les envoya tout de suite voir la propriétaire des Collettes Mme Armand.
C'était une femme charmante qui comme les autres se trouvait dépassée par les nécessités de la vie moderne. Elle fut très heureuse de voir sa terre passer entre nos mains. " Au moins ceux-là on les connaît ! ". C'est ainsi que Renoir acheta les Collettes."

Jean Renoir, "Renoir mon père",
éditions Gallimard.

Renoir fit aussitôt construire sa maison, habitable à l'automne 1908, où il vécut jusqu'à sa mort, survenue de 3 décembre 1919.
Son fils cadet, Claude Renoir, hérita de la propriété où il vécut jusqu'en 1960.
La municipalité de Cagnes, aidée du Conseil Général des Alpes Maritimes lui racheta la propriété des Collettes le 5 avril 1960 afin de convertir la maison de Renoir en un véritable musée destiné à raviver le souvenir de Renoir en ces lieux.Cette propriété agricole d'environ 3 hectares appartenait à Mme Mathilde Nicolas, veuve Armand, et fut acheté par Renoir le 28 juin 1907, sur un coup de cœur pour la magnifique oliveraie, pour la somme de 35 000 F.